{"id":3243,"date":"2018-07-26T13:04:38","date_gmt":"2018-07-26T13:04:38","guid":{"rendered":"http:\/\/anatem.info\/?p=3243"},"modified":"2018-07-26T13:04:38","modified_gmt":"2018-07-26T13:04:38","slug":"version-integrale-de-lordonnance-jugeant-irrecevable-dans-son-integralite-le-recours-en-appel-depose-par-le-front-polisario-contre-laccord-de-peche-maroc-ue","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/anatem.info\/?p=3243","title":{"rendered":"Version int\u00e9grale de l&rsquo;ordonnance jugeant irrecevable dans son int\u00e9gralit\u00e9 le recours en appel, d\u00e9pos\u00e9 par le \u00ab Front Polisario \u00bb, contre l\u2019accord de p\u00eache Maroc-UE"},"content":{"rendered":"<p><strong><u>ORDONNANCE DU TRIBUNAL (cinqui\u00e8me chambre \u00e9largie)<\/u><\/strong><\/p>\n<p><strong>19 juillet 2018 (*)<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Recours en annulation \u00b1 Accord de partenariat entre l\u2019Union et le Royaume du Maroc dans le<br \/>\nsecteur de la p\u00eache \u00b1 Protocole fixant les possibilit\u00e9s de p\u00eache pr\u00e9vues par cet accord \u00b1 Acte de<br \/>\nconclusion \u00b1 Applicabilit\u00e9 desdits accord et protocole au territoire du Sahara occidental et aux eaux y<br \/>\nadjacentes \u00b1 Absence de qualit\u00e9 pour agir \u00b1 Irrecevabilit\u00e9 \u00bb<\/p>\n<p>dans l\u2019affaire T-180\/14,<\/p>\n<p><strong>Front populaire pour la lib\u00e9ration de la Saguia-el-Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario),<\/strong> repr\u00e9sent\u00e9 par M<sup>e<\/sup> G. Devers, avocat,<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">partie requ\u00e9rante,<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">contre<\/p>\n<p><strong>Conseil de l\u2019Union europ\u00e9enne,<\/strong> repr\u00e9sent\u00e9 par M<sup>me<\/sup> S. Kyriakopoulou, M. A. de Elera-San Miguel Hurtado et par M<sup>me<\/sup> A. WesterhofLI fflerov?, en qualit\u00e9 d\u2019agents,<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">partie d\u00e9fenderesse,<\/p>\n<p>soutenu par<\/p>\n<p><strong>Commission europ\u00e9enne, <\/strong>repr\u00e9sent\u00e9e par MM. A. Bouquet, F. Castillo de la Torre et E. Paasivirta, en qualit\u00e9 d\u2019agents,<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">partie intervenante,<\/p>\n<p>ayant pour objet une demande fond\u00e9e sur l\u2019article 263 TFUE et tendant \u00e0 l\u2019annulation de la d\u00e9cision 2013\/785\/UE du Conseil, du 16 d\u00e9cembre 2013, relative \u00e0 la conclusion, au nom de l\u2019Union europ\u00e9enne, du protocole entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc fixant les possibilit\u00e9s de p\u00eache et la contrepartie financi\u00e8re pr\u00e9vues par l\u2019accord de partenariat dans le secteur de la p\u00eache entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc (JO 2013, L 349, p. 1), d\u2019une part, et de la d\u00e9cision (UE) 2018\/393 de la Commission, du 12 mars 2018, approuvant, au nom de l\u2019Union europ\u00e9enne, la modification du protocole entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc fixant les possibilit\u00e9s de p\u00eache et la contrepartie financi\u00e8re pr\u00e9vues par l\u2019accord de partenariat dans le secteur de la p\u00eache entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc (JO 2018, L 69, p. 60), d\u2019autre part,<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">LE TRIBUNAL (cinqui\u00e8me chambre \u00e9largie),<\/p>\n<p>compos\u00e9 de M. D. Gratsias (rapporteur), pr\u00e9sident, M<sup>me<\/sup> I. Labucka, MM. A. Dittrich, I. Ulloa Rubio et P. G. Xuereb, juges,<\/p>\n<p>greffier : M. E. Coulon,<\/p>\n<p>rend la pr\u00e9sente<\/p>\n<p><strong>Ordonnance<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ant\u00e9c\u00e9dents du litige<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Accords de l\u2019Union europ\u00e9enne avec le Royaume du Maroc<\/em><\/strong><em> Accord d\u2019association<\/em><\/p>\n<p>1\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019accord euro-m\u00e9diterran\u00e9en \u00e9tablissant une association entre les Communaut\u00e9s europ\u00e9ennes et<\/p>\n<p>leurs ?tats membres, d\u2019une part, et le Royaume du Maroc, d\u2019autre part (JO 2000, L 70, p. 2, ci-apr\u00e8s l\u2019\u00ab accord d\u2019association \u00bb), a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 \u00e0 Bruxelles (Belgique) le 26 f\u00e9vrier 1996 et approuv\u00e9 au nom des Communaut\u00e9s europ\u00e9ennes par la d\u00e9cision 2000\/204\/CE, CECA du Conseil et de la Commission, du 24 janvier 2000, relative \u00e0 la conclusion de l\u2019accord [d\u2019association] (JO 2000, L 70, p. 1). Conform\u00e9ment \u00e0 son article 96, il est entr\u00e9 en vigueur le 1<sup>er<\/sup> mars 2000, comme cela ressort de l\u2019information publi\u00e9e au<em> Journal officiel des Communaut\u00e9s europ\u00e9ennes<\/em> (JO 2000, L 70, p. 228).<\/p>\n<p>2\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le titre VIII de l\u2019accord d\u2019association, intitul\u00e9 \u00ab Dispositions institutionnelles g\u00e9n\u00e9rales et finales \u00bb,<\/p>\n<p>comprend notamment l\u2019article 94 de celui-ci, aux termes duquel \u00ab [l]e pr\u00e9sent accord s\u2019applique,<br \/>\nd\u2019une part, aux territoires o\u00f9 les trait\u00e9s instituant la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne et la Communaut\u00e9<\/p>\n<p>europ\u00e9enne du charbon et de l\u2019acier sont appliqu\u00e9s et dans les conditions pr\u00e9vues par lesdits trait\u00e9s et, d\u2019autre part, au territoire du Royaume du Maroc \u00bb.<\/p>\n<p><em>Accord de partenariat et ses protocoles<\/em><\/p>\n<p>3\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans le but d\u2019intensifier les relations de coop\u00e9ration nou\u00e9es par l\u2019Union et le Royaume du Maroc,<\/p>\n<p>notamment dans le cadre de l\u2019accord d\u2019association, un accord de partenariat dans le secteur de la p\u00eache a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9. Ainsi que cela d\u00e9coule de son pr\u00e9ambule et de ses articles 1 et 3 (JO 2006, L 141, p. 4), ce dernier accord institue, dans le secteur de la p\u00eache, un partenariat destin\u00e9 \u00e0 promouvoir une p\u00eache responsable dans les zones de p\u00eache marocaines et \u00e0 mettre en \u0153uvre de mani\u00e8re efficace la politique de la p\u00eache marocaine. ? cet effet, l\u2019accord de partenariat instaure, notamment, des r\u00e8gles relatives \u00e0 la coop\u00e9ration \u00e9conomique, financi\u00e8re, technique et scientifique entre les parties, aux conditions d\u2019acc\u00e8s des navires battant pavillon des ?tats membres aux zones de p\u00eache marocaines, ainsi qu\u2019aux modalit\u00e9s de contr\u00f4le des activit\u00e9s de p\u00eache dans ces zones.<\/p>\n<p>4\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Conform\u00e9ment \u00e0 son article 17, l\u2019accord de partenariat est entr\u00e9 en vigueur le 28 f\u00e9vrier 2007,<\/p>\n<p>comme cela ressort de l\u2019information publi\u00e9e au<em> Journal officiel de l\u2019Union europ\u00e9enne<\/em> (JO 2007, L 78, p. 31).<\/p>\n<p>5\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il ressort de l\u2019article 5 de l\u2019accord de partenariat, intitul\u00e9 \u00ab Acc\u00e8s des navires [de l\u2019Union] aux<\/p>\n<p>p\u00eacheries dans les zones de p\u00eache marocaines \u00bb, et plus particuli\u00e8rement des paragraphes 1 et 4 de cet article, ainsi que de l\u2019article 6 de l\u2019accord de partenariat, intitul\u00e9 \u00ab Conditions d\u2019exercice de la p\u00eache \u00bb, et notamment du paragraphe 1 de cet article, que le Royaume du Maroc s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 \u00ab autoriser des navires [de l\u2019Union] \u00e0 exercer des activit\u00e9s de p\u00eache dans ses zones de p\u00eache conform\u00e9ment [\u00e0 cet] accord, protocole et annexe compris \u00bb, \u00e0 la condition que ces navires d\u00e9tiennent une licence de p\u00eache d\u00e9livr\u00e9e par les autorit\u00e9s de cet ?tat tiers sur demande des autorit\u00e9s de l\u2019Union. Pour sa part, l\u2019Union s\u2019est engag\u00e9e \u00e0 \u00ab prendre toutes les dispositions ad\u00e9quates pour assurer le respect par ses navires des dispositions du[dit] accord comme de la l\u00e9gislation r\u00e9gissant la p\u00eache dans les eaux relevant de la juridiction du [Royaume du] Maroc, conform\u00e9ment \u00e0 la convention [&#8230;] sur le droit de la mer \u00bb.<\/p>\n<p>6\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019article 11 de l\u2019accord de partenariat, intitul\u00e9 \u00ab Zone d\u2019application \u00bb, \u00e9nonce que celui-ci<\/p>\n<p>s\u2019applique, en ce qui concerne le Royaume du Maroc, \u00ab au territoire du Maroc et aux eaux sous juridiction marocaine \u00bb. Par ailleurs, sous l\u2019intitul\u00e9 \u00ab D\u00e9finitions \u00bb, l\u2019article 2, sous a) de l\u2019accord de partenariat pr\u00e9cise que la notion de \u00ab zone de p\u00eache marocaine \u00bb doit \u00eatre entendue, aux fins de cet accord, du protocole qui l\u2019accompagne ainsi que de son annexe, comme renvoyant aux \u00ab eaux relevant de la souverainet\u00e9 ou de la juridiction du Royaume du Maroc \u00bb.<\/p>\n<p>7\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019article 16 de l\u2019accord de partenariat pr\u00e9voit que le protocole qui l\u2019accompagne fait partie<\/p>\n<p>int\u00e9grante de l\u2019accord, de m\u00eame que l\u2019annexe et les appendices qui sont joints audit protocole.<\/p>\n<p>8\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019accord de partenariat \u00e9tait initialement accompagn\u00e9 d\u2019un protocole ayant pour objet de fixer,<\/p>\n<p>pendant une p\u00e9riode de quatre ans, les possibilit\u00e9s de p\u00eache pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 5 de l\u2019accord de partenariat.<\/p>\n<p>9\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le protocole initial a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par un deuxi\u00e8me protocole auquel a, \u00e0 son tour, succ\u00e9d\u00e9, le 18<\/p>\n<p>novembre 2013, le protocole entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc fixant les<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>possibilit\u00e9s de p\u00eache et la contrepartie financi\u00e8re pr\u00e9vues par l\u2019accord de partenariat dans le secteur<br \/>\nde la p\u00eache entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc (JO 2013, L 328, p. 2, ci-apr\u00e8s le<br \/>\n\u00ab protocole de 2013 \u00bb). Ce dernier a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 par la d\u00e9cision 2013\/785\/UE du Conseil, du<\/p>\n<p>16 d\u00e9cembre 2013, relative \u00e0 la conclusion, au nom de l\u2019Union europ\u00e9enne, du protocole entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc fixant les possibilit\u00e9s de p\u00eache et la contrepartie financi\u00e8re pr\u00e9vues par l\u2019accord de partenariat dans le secteur de la p\u00eache entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc (JO 2013, L 349, p. 1).Conform\u00e9ment \u00e0 son article 12, il est entr\u00e9 en vigueur le 15 juillet 2014, comme cela ressort de l\u2019information publi\u00e9e au<em> Journal officiel de l\u2019Union <\/em><em>europ\u00e9enne<\/em> (JO 2014, L 228, p. 1).<\/p>\n<p>10\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Aux termes de l\u2019article 1 du protocole de 2013, intitul\u00e9 \u00ab Principes g\u00e9n\u00e9raux \u00bb, \u00ab [c]e protocole,<\/p>\n<p>avec l\u2019annexe et ses appendices, fait partie int\u00e9grante de l\u2019accord de partenariat [&#8230;], qui s\u2019inscrit dans le cadre de l\u2019accord [d\u2019association] \u00bb. Par ailleurs, ledit protocole \u00ab contribue \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019accord d\u2019association \u00bb.<\/p>\n<p>11\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En vertu de l\u2019article 2 du protocole de 2013, intitul\u00e9 \u00ab P\u00e9riode d\u2019application, dur\u00e9e et possibilit\u00e9s de<\/p>\n<p>p\u00eache \u00bb, les navires battant pavillon d\u2019un ?tat membre de l\u2019Union, d\u00e8s lors qu\u2019ils d\u00e9tiennent une licence d\u00e9livr\u00e9e conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019accord de partenariat et \u00e0 ce protocole ainsi qu\u2019\u00e0 son annexe, se voient accorder, pour une p\u00e9riode de quatre ann\u00e9es, dans la zone de p\u00eache marocaine, des possibilit\u00e9s de p\u00eache artisanale, d\u00e9mersale et p\u00e9lagique selon les modalit\u00e9s pr\u00e9vues dans le tableau joint audit protocole. Ces possibilit\u00e9s de p\u00eache sont r\u00e9visables d\u2019un commun accord, en vertu de l\u2019article 5 du m\u00eame protocole.<\/p>\n<p>12\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019annexe du protocole de 2013, intitul\u00e9e \u00ab Conditions de l\u2019exercice de la p\u00eache dans la zone de<\/p>\n<p>p\u00eache marocaine par les navires de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00bb, comprend un chapitre III, intitul\u00e9 \u00ab Zones de p\u00eache \u00bb et libell\u00e9 comme suit :<\/p>\n<p>\u00ab Le [Royaume du] Maroc communique \u00e0 l\u2019Union [&#8230;], avant la date d\u2019application du protocole, les coordonn\u00e9es g\u00e9ographiques des lignes de base et de sa zone de p\u00eache ainsi que toutes zones interdites \u00e0 la p\u00eache \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de celle-ci [&#8230;]<\/p>\n<p>Les zones de p\u00eache pour chaque cat\u00e9gorie dans la zone atlantique du Maroc sont d\u00e9finies dans les fiches techniques (appendice 2) \u00bb.<\/p>\n<p>13\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019appendice 2 \u00e0 l\u2019annexe du protocole de 2013 comprend six fiches techniques num\u00e9rot\u00e9es de 1 \u00e0 6.<\/p>\n<p>Chacune de ces fiches techniques concerne une cat\u00e9gorie de p\u00eache d\u00e9termin\u00e9e et d\u00e9finit les conditions d\u2019exercice de la p\u00eache pour cette cat\u00e9gorie. Parmi les conditions pr\u00e9vues par chacune desdites fiches figure celle de la \u00ab [l]imite g\u00e9ographique de la zone autoris\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>14 L\u2019appendice 4 \u00e0 l\u2019annexe du protocole de 2013, intitul\u00e9 \u00ab Coordonn\u00e9es des zones de p\u00eache \u00bb, indique notamment que, \u00ab [a]vant l\u2019entr\u00e9e en vigueur [du protocole de 2013], le [d]\u00e9partement [de la p\u00eache maritime du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et de la P\u00eache maritime du Royaume du Maroc] communiquera \u00e0 la Commission les coordonn\u00e9es g\u00e9ographiques de la ligne de base marocaine, de la zone de p\u00eache marocaine et des zones interdites \u00e0 la navigation et \u00e0 la p\u00eache \u00bb.<\/p>\n<p>15\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En outre, l\u2019article 10 de l\u2019accord de partenariat institue une commission mixte charg\u00e9e de contr\u00f4ler<\/p>\n<p>l\u2019application dudit accord, et notamment d\u2019en superviser l\u2019ex\u00e9cution, l\u2019interpr\u00e9tation et le bon<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>fonctionnement ainsi que de r\u00e9\u00e9valuer, le cas \u00e9ch\u00e9ant, le niveau des possibilit\u00e9s de p\u00eache. L\u2019article 5 du protocole de 2013 autorise la commission mixte \u00e0 revoir les possibilit\u00e9s de p\u00eache d\u2019un commun accord dans la mesure o\u00f9 cette r\u00e9vision vise la durabilit\u00e9 des ressources halieutiques marocaines.<\/p>\n<p>16 Dans ce contexte, la Commission europ\u00e9enne a approuv\u00e9 certaines modifications \u00e0 la fiche technique de p\u00eache n<sup>o<\/sup> 6 du protocole de 2013 concernant le quota allou\u00e9 en 2018 aux navires relevant de cette fiche technique ainsi que la composition des captures et leur plafond mensuel. Les modifications en question ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9es en vertu de la d\u00e9cision (UE) 2018\/393 de la Commission, du 12 mars 2018, approuvant, au nom de l\u2019Union europ\u00e9enne, la modification du protocole entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc fixant les possibilit\u00e9s de p\u00eache et la contrepartie financi\u00e8re pr\u00e9vues par l\u2019accord de partenariat dans le secteur de la p\u00eache entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc (JO 2018, L 69, p. 60).<\/p>\n<p><em>Accord de lib\u00e9ralisation<\/em><\/p>\n<p>17 L\u2019accord sous forme d\u2019\u00e9change de lettres entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume du Maroc relatif aux mesures de lib\u00e9ralisation r\u00e9ciproques en mati\u00e8re de produits agricoles, de produits agricoles transform\u00e9s, de poissons et de produits de la p\u00eache, au remplacement des protocoles n<sup>os<\/sup> 1, 2 et 3 et de leurs annexes et aux modifications de l\u2019accord d\u2019association, a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 \u00e0 Bruxelles le 13 d\u00e9cembre 2010 (JO 2012, L 241, p. 4, ci-apr\u00e8s l\u2019\u00ab accord de lib\u00e9ralisation \u00bb).<\/p>\n<p>18 Cet accord a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 au nom de l\u2019Union par la d\u00e9cision 2012\/497\/UE du Conseil, du 8 mars 2012, concernant la conclusion de l\u2019accord de lib\u00e9ralisation et aux modifications de l\u2019accord d\u2019association (JO 2012, L 241, p. 2).<\/p>\n<p>19\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ainsi qu\u2019il ressort de l\u2019avis publi\u00e9 au<em> Journal officiel de l\u2019Union europ\u00e9enne<\/em> (JO 2012, L 255, p. 1),<\/p>\n<p>l\u2019accord de lib\u00e9ralisation est entr\u00e9 en vigueur le 1<sup>er<\/sup> octobre 2012.<\/p>\n<p><strong><em>Proc\u00e9dures contentieuses<\/em><\/strong><\/p>\n<p>20\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par arr\u00eat du 10 d\u00e9cembre 2015, Front Polisario\/Conseil (T-512\/12, EU:T:2015:953), rendu \u00e0 la suite<\/p>\n<p>d\u2019un recours introduit par le requ\u00e9rant dans la pr\u00e9sente affaire, le Front populaire pour la lib\u00e9ration de la Saguia-el-Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), le Tribunal a annul\u00e9 <strong>la d\u00e9cision 2012\/497 en ce qu\u2019elle approuve l\u2019application de l\u2019accord de lib\u00e9ralisation au Sahara occidental.<\/strong><\/p>\n<p>21 <strong>Par arr\u00eat du 21 d\u00e9cembre 2016, Conseil\/Front Polisario (C<\/strong>&#8211;<strong>104\/16 P, EU:C:2016:973), la Cour <\/strong><strong>a, premi\u00e8rement, annul\u00e9 l\u2019arr\u00eat<\/strong> du 10 d\u00e9cembre 2015, Front Polisario\/Conseil (T-512\/12, EU:T:2015:953), et, deuxi\u00e8mement, statuant d\u00e9finitivement sur le litige, rejet\u00e9 le recours du Front Polisario comme irrecevable. En particulier, la Cour a consid\u00e9r\u00e9 que, eu \u00e9gard aux r\u00e8gles de droit international applicables dans les relations entre l\u2019Union et le Royaume du Maroc, l\u2019accord de lib\u00e9ralisation devait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en ce sens qu\u2019il ne s\u2019applique pas au territoire du Sahara occidental. La Cour a d\u00e9duit de cette appr\u00e9ciation que le Front Polisario ne pouvait en tout \u00e9tat de cause pas \u00eatre regard\u00e9 comme ayant qualit\u00e9 pour agir en annulation de la d\u00e9cision 2012\/497 (arr\u00eat <strong>du 21 d\u00e9cembre 2016, Conseil\/Front Polisario, C<\/strong>&#8211;<strong>104\/16 P, EU:C:2016:973, points 132 et 133)<\/strong>.<\/p>\n<p>22 Saisie d\u2019une demande pr\u00e9judicielle pos\u00e9e par la High Court of Justice (England&amp; Wales), Queen\u2019s Bench Division (Administrative Court) [Haute Cour de justice (Angleterre et pays de Galles),<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>division du Queen\u2019s Bench (chambre administrative), Royaume-Uni], la Cour a jug\u00e9, par arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK (C-266\/16, EU:C:2018:118, point 83), que l\u2019accord de partenariat et le protocole de 2013 doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s, conform\u00e9ment aux r\u00e8gles de droit international qui lient l\u2019Union et qui sont applicables dans les relations entre celle-ci et le Royaume du Maroc, en ce sens que les eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental ne rel\u00e8vent pas du champ d\u2019application territorial respectif de cet accord et de ce protocole.<\/p>\n<p><strong>Proc\u00e9dure et conclusions des parties<\/strong><\/p>\n<p>23\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par requ\u00eate d\u00e9pos\u00e9e au greffe du Tribunal le 14 mars 2014, le requ\u00e9rant a introduit le pr\u00e9sent<\/p>\n<p>recours.<\/p>\n<p>24 Par acte d\u00e9pos\u00e9 au greffe du Tribunal le 24 juillet 2014, la Commission de l\u2019Union Europ\u00e9enne a demand\u00e9 \u00e0 intervenir dans la pr\u00e9sente proc\u00e9dure au soutien des conclusions du Conseil. Par ordonnance du 11 d\u00e9cembre 2014, le pr\u00e9sident de la huiti\u00e8me chambre du Tribunal a admis cette intervention. L\u2019intervenante a d\u00e9pos\u00e9 son m\u00e9moire et les parties principales ont d\u00e9pos\u00e9 leurs observations sur celui-ci dans les d\u00e9lais impartis.<\/p>\n<p>25\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par acte s\u00e9par\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 au greffe du Tribunal le 30 juillet 2014, le Conseil de l\u2019Union europ\u00e9enne a<\/p>\n<p>soulev\u00e9 une exception d\u2019irrecevabilit\u00e9 au titre de l\u2019article 114 du r\u00e8glement de proc\u00e9dure du Tribunal du 2 mai 1991. Par ordonnance du 27 octobre 2014, le Tribunal a joint l\u2019exception d\u2019irrecevabilit\u00e9 au fond, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 114, paragraphe 4, du r\u00e8glement de proc\u00e9dure du 2 mai 1991.<\/p>\n<p>26 ? la suite d\u2019une demande du Conseil d\u00e9pos\u00e9e au greffe du Tribunal le 19 f\u00e9vrier 2016, par d\u00e9cision du pr\u00e9sident de la huiti\u00e8me chambre du Tribunal du 22 mars 2016, la proc\u00e9dure dans la pr\u00e9sente affaire a \u00e9t\u00e9 suspendue, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 69 du r\u00e8glement de proc\u00e9dure du Tribunal, jusqu\u2019au prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat dans l\u2019affaire<strong> C<\/strong>&#8211;<strong>104\/16 P, Conseil\/Front Polisario.<\/strong><\/p>\n<p>27\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La composition des chambres du Tribunal ayant \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e, en application de l\u2019article 27,<\/p>\n<p>paragraphe 5, du r\u00e8glement de proc\u00e9dure, le juge rapporteur a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 \u00e0 la cinqui\u00e8me chambre, \u00e0 laquelle la pr\u00e9sente affaire a, par cons\u00e9quent, \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e, ce dont les parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9es par lettres du greffe du Tribunal du 3 octobre 2016.<\/p>\n<p>28 ? la suite d\u2019une demande du Conseil d\u00e9pos\u00e9e au greffe du Tribunal le 19 f\u00e9vrier 2016 et tendant \u00e0 ce que la pr\u00e9sente affaire soit renvoy\u00e9e \u00e0 la grande chambre du Tribunal, celle-ci a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e, sur proposition de la cinqui\u00e8me chambre, \u00e0 la cinqui\u00e8me chambre \u00e9largie du Tribunal conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 28, paragraphe 5, du r\u00e8glement de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>29 Par d\u00e9cision de la cinqui\u00e8me chambre du Tribunal du 2 mars 2017, la proc\u00e9dure dans la pr\u00e9sente affaire a \u00e9t\u00e9 \u00e0 nouveau suspendue jusqu\u2019au prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat dans l\u2019affaire C-266\/16, Western Sahara Campaign UK.<\/p>\n<p>30 Les parties ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9es \u00e0 soumettre au Tribunal leurs observations quant aux cons\u00e9quences \u00e0 tirer pour la pr\u00e9sente affaire, dans un premier temps, du prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat<strong> du 21 d\u00e9cembre <\/strong><strong>2016,Conseil\/Front Polisario (C<\/strong>&#8211;<strong>104\/16 P, EU:C:2016:973), et, ensuite, <\/strong>du prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018,Western Sahara Campaign UK (C-266\/16, EU:C:2018:118).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>31 Dans ce contexte, par acte d\u00e9pos\u00e9 au greffe du Tribunal le 26 mars 2018, le requ\u00e9rant a notamment \u00ab [c]onform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 86 du [r]\u00e8glement de proc\u00e9dure [&#8230;] sollicit[\u00e9] [&#8230;] du Tribunal l\u2019autorisation d\u2019adapter sa requ\u00eate afin de pouvoir tenir compte de [l\u2019adoption de la d\u00e9cision 2018\/393] \u00bb (voir point 16 ci-dessus).<\/p>\n<p>32 En r\u00e9ponse \u00e0 une nouvelle mesure d\u2019organisation de la proc\u00e9dure, le requ\u00e9rant a pr\u00e9cis\u00e9 que l\u2019adaptation de la requ\u00eate \u00e9tait recevable en d\u00e9pit du fait que l\u2019auteur de la d\u00e9cision 2018\/393 \u00e9tait la Commission et non le Conseil, lequel \u00e9tait d\u00e9sign\u00e9 comme partie d\u00e9fenderesse dans la requ\u00eate. Selon le requ\u00e9rant, le Conseil ayant d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la Commission, en vertu de l\u2019article 3 de la d\u00e9cision 2013\/785, le pouvoir d\u2019adopter la d\u00e9cision 2018\/393, cette derni\u00e8re lui est imputable de sorte que le recours litigieux peut valablement \u00eatre dirig\u00e9 contre lui au regard de cet acte \u00e9galement.<\/p>\n<p>33\u00a0\u00a0\u00a0 Le Conseil et la Commission contestent la recevabilit\u00e9 de l\u2019adaptation de la requ\u00eate. Ils estiment que<\/p>\n<p>l\u2019adaptation en question n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 introduite par acte s\u00e9par\u00e9 et que le requ\u00e9rant n\u2019a pas pr\u00e9sent\u00e9 des conclusions adapt\u00e9es, comme le requiert l\u2019article 86 du r\u00e8glement de proc\u00e9dure. En outre, elles font valoir que la d\u00e9cision 2018\/393 n\u2019a pas le m\u00eame objet que la d\u00e9cision 2013\/785, condition pourtant n\u00e9cessaire en vertu de l\u2019article 86 du r\u00e8glement de proc\u00e9dure, et qu\u2019une adaptation ne peut avoir pour effet de modifier les parties au litige. Enfin, la Commission conteste la recevabilit\u00e9 de l\u2019adaptation en question au motif que le recours est irrecevable dans son int\u00e9gralit\u00e9 et que le requ\u00e9rant n\u2019a pas d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 contester la validit\u00e9 de la d\u00e9cision 2018\/393.<\/p>\n<p>34\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le requ\u00e9rant conclut \u00e0 ce qu\u2019il plaise au Tribunal :<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 d\u00e9clarer le recours recevable ;<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 annuler la d\u00e9cision 2013\/785 et la d\u00e9cision 2018\/393 ;<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 condamner le Conseil aux d\u00e9pens.<\/p>\n<p>35\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le Conseil, soutenu par la Commission, conclut \u00e0 ce qu\u2019il plaise au Tribunal :<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 rejeter le recours comme irrecevable ou, \u00e0 d\u00e9faut, comme non fond\u00e9 ;<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 condamner le requ\u00e9rant aux d\u00e9pens.<\/p>\n<p><strong>En droit<\/strong><\/p>\n<p>36\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans le cadre de l\u2019exception d\u2019irrecevabilit\u00e9 que le Conseil a d\u00e9pos\u00e9e, celui-ci fait valoir,<\/p>\n<p>notamment, que le requ\u00e9rant n\u2019est pas directement ni individuellement concern\u00e9 par la d\u00e9cision 2013\/785.<\/p>\n<p>37\u00a0\u00a0\u00a0 En vertu de l\u2019article 130, paragraphes 1 et 7, du r\u00e8glement de proc\u00e9dure, si la partie d\u00e9fenderesse le<\/p>\n<p>demande, le Tribunal peut statuer sur l\u2019irrecevabilit\u00e9 ou l\u2019incomp\u00e9tence sans engager le d\u00e9bat au fond. En l\u2019esp\u00e8ce, le Conseil ayant demand\u00e9 qu\u2019il soit statu\u00e9 sur l\u2019irrecevabilit\u00e9, le Tribunal, s\u2019estimant suffisamment \u00e9clair\u00e9 par les pi\u00e8ces du dossier, d\u00e9cide de statuer sans poursuivre la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>38\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans le m\u00eame contexte, il est d\u00e9cid\u00e9 que, compte tenu de l\u2019analyse qui suit s\u2019agissant de la<\/p>\n<p>recevabilit\u00e9 du recours, il n\u2019y a pas lieu de proposer le renvoi de l\u2019affaire \u00e0 la grande chambre du Tribunal (voir point 28 ci-dessus).<\/p>\n<p>39\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le Sahara occidental est un territoire situ\u00e9 au nord-ouest de l\u2019Afrique, qui a \u00e9t\u00e9 colonis\u00e9 par le<\/p>\n<p>Royaume d\u2019Espagne \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant de devenir une province espagnole, puis d\u2019\u00eatre inscrit par l\u2019Organisation des Nations unies (ONU), en 1963, sur la liste des territoires non autonomes au sens de l\u2019article 73 de la charte des Nations unies, sur laquelle il figure toujours \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>40\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le Front Polisario est, aux termes de l\u2019article 1<sup>er<\/sup> de ses statuts, \u00ab un mouvement de lib\u00e9ration<\/p>\n<p>nationale, fruit de la longue r\u00e9sistance sahraouie contre les diverses formes d\u2019occupation \u00e9trang\u00e8re \u00bb, cr\u00e9\u00e9 le 10 mai 1973.<\/p>\n<p>41\u00a0\u00a0\u00a0 Le contexte historique et international de la cr\u00e9ation du Front Polisario et l\u2019\u00e9volution subs\u00e9quente de<\/p>\n<p>la situation du Sahara occidental, sont expos\u00e9s aux points 24 \u00e0 37 de l\u2019arr\u00eat du 21 d\u00e9cembre 2016, Conseil\/Front Polisario (C-104\/16 P, EU:C:2016:973).<\/p>\n<p>42\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il ressort des points 88, 91 et 92 de la requ\u00eate que le requ\u00e9rant fonde sa qualit\u00e9 pour agir en<\/p>\n<p>annulation de la d\u00e9cision 2013\/785 sur le fait que le protocole de 2013, approuv\u00e9 au nom de l\u2019Union en vertu de cette d\u00e9cision, s\u2019applique ou s\u2019appliquera \u00ab au territoire terrestre et maritime du Sahara occidental \u00bb et \u00ab organise l\u2019exploitation de ressources naturelles relevant de la souverainet\u00e9 du peuple sahraoui \u00bb.<\/p>\n<p>43\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il convient de rappeler que, en effet, le requ\u00e9rant ne peut valablement pr\u00e9tendre avoir qualit\u00e9 pour<\/p>\n<p>agir, au sens de l\u2019article 263, quatri\u00e8me alin\u00e9a, TFUE, en annulation de la d\u00e9cision 2013\/785 que si le protocole de 2013 est applicable au territoire du Sahara occidental et aux eaux adjacentes \u00e0 ce territoire (voir, s\u2019agissant de l\u2019accord d\u2019association et de l\u2019accord de lib\u00e9ralisation, arr\u00eat du 21 d\u00e9cembre 2016, Conseil\/Front Polisario, C-104\/16 P, EU:C:2016:973, points 131 \u00e0 133).<\/p>\n<p>44 ? cet \u00e9gard, la Cour a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il y a lieu de comprendre la notion de territoire du Maroc, figurant \u00e0 l\u2019article 11 de l\u2019accord de partenariat, de la m\u00eame mani\u00e8re que la notion de territoire du Royaume du Maroc, figurant \u00e0 l\u2019article 94 de l\u2019accord d\u2019association (voir points 2 et 6 ci-dessus). Or, cette derni\u00e8re notion doit \u00eatre comprise comme renvoyant \u00e0 l\u2019espace g\u00e9ographique sur lequel le Royaume du Maroc exerce la pl\u00e9nitude des comp\u00e9tences reconnues aux entit\u00e9s souveraines par le droit international, \u00e0 l\u2019exclusion de tout autre territoire, tel que celui du Sahara occidental. En effet, l\u2019inclusion du territoire du Sahara occidental dans le champ d\u2019application de l\u2019accord d\u2019association enfreindrait certaines r\u00e8gles de droit international g\u00e9n\u00e9ral applicables dans les relations entre l\u2019Union et le Royaume du Maroc, \u00e0 savoir le principe d\u2019autod\u00e9termination, rappel\u00e9 \u00e0 l\u2019article 1<sup>er<\/sup> de la charte des Nations unies, et le principe de l\u2019effet relatif des trait\u00e9s, dont l\u2019article 34 de la convention de Vienne sur le droit des trait\u00e9s, conclue \u00e0 Vienne le 23 mai 1969 (Recueil des trait\u00e9s des Nations unies, vol. 1155, p. 331, ci-apr\u00e8s la \u00ab convention de Vienne sur le droit des trait\u00e9s \u00bb), constitue une expression particuli\u00e8re. Dans ces conditions, le territoire du Sahara occidental ne rel\u00e8ve pas de la notion de \u00ab territoire du Maroc \u00bb, au sens de l\u2019article 11 de l\u2019accord de partenariat (arr\u00eats du 21 d\u00e9cembre 2016, Conseil\/Front Polisario, C-104\/16 P, EU:C:2016:973, points 88 \u00e0 93, 95, 100,103 \u00e0 107, 123 et 132, et du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, points 61 \u00e0 64).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>45\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En outre, interpr\u00e9t\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, conclue<\/p>\n<p>\u00e0 Montego Bay le 10 d\u00e9cembre 1982 (Recueil des trait\u00e9s des Nations unies, vol. 1833, 1834 et 1835, p. 3), les expressions \u00ab eaux sous juridiction marocaine \u00bb et \u00ab eaux relevant de la souverainet\u00e9 ou de la juridiction du Royaume du Maroc \u00bb, employ\u00e9es dans les articles 2 et 11 de l\u2019accord de partenariat (voir point 6 ci-dessus) d\u00e9signent les seules eaux adjacentes au territoire de l\u2019?tat c\u00f4tier et relevant de sa mer territoriale ou de sa zone \u00e9conomique exclusive (arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, points 65 \u00e0 68).<\/p>\n<p>46 Par voie de cons\u00e9quence, et compte tenu du fait que le territoire du Sahara occidental ne fait pas partie du territoire du Royaume du Maroc, les eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental ne rel\u00e8vent pas de la zone de p\u00eache marocaine vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 2, sous a), de l\u2019accord de partenariat (arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, point 69).<\/p>\n<p>47\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cette conclusion n\u2019est pas infirm\u00e9e par l\u2019article 31, paragraphe 4, de la convention de Vienne sur le<\/p>\n<p>droit des trait\u00e9s, dont il d\u00e9coule qu\u2019il est loisible aux parties \u00e0 un trait\u00e9 de convenir qu\u2019un terme figurant dans celui-ci aura un sens particulier.<\/p>\n<p>48\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En particulier, d\u2019une part, il serait contraire aux r\u00e8gles de droit international vis\u00e9es au point 44 de la<\/p>\n<p>pr\u00e9sente ordonnance, que l\u2019Union doit respecter et qui s\u2019appliquent mutatis mutandis en l\u2019occurrence, d\u2019inclure dans le champ d\u2019application de l\u2019accord de partenariat les eaux directement adjacentes \u00e0 la c\u00f4te du territoire du Sahara occidental au titre d\u2019eaux relevant de la souverainet\u00e9 du Royaume du Maroc. En cons\u00e9quence, l\u2019Union ne saurait valablement partager une intention du Royaume du Maroc d\u2019inclure, \u00e0 un tel titre, les eaux en question dans le champ d\u2019application dudit accord (arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, point 71).<\/p>\n<p>49 D\u2019autre part, le Royaume du Maroc ayant cat\u00e9goriquement exclu d\u2019\u00eatre une puissance occupante ou une puissance administrante du territoire du Sahara occidental, une intention commune des parties \u00e0 l\u2019accord de partenariat de donner aux expressions \u00ab eaux relevant de [&#8230;] la juridiction du Royaume du Maroc \u00bb et \u00ab eaux sous juridiction marocaine \u00bb le sens d\u2019une zone maritime directement adjacente \u00e0 la c\u00f4te du territoire du Sahara occidental en consid\u00e9rant le Royaume du Maroc comme \u00e9tant une telle puissance ne saurait \u00eatre affirm\u00e9e (arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, point 72).<\/p>\n<p>50\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il r\u00e9sulte de l\u2019ensemble des consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent que les eaux adjacentes au territoire du<\/p>\n<p>Sahara occidental ne rel\u00e8vent pas de l\u2019expression \u00ab eaux relevant de la souverainet\u00e9 ou de la juridiction du Royaume du Maroc \u00bb, figurant \u00e0 l\u2019article 2, sous a), de l\u2019accord de partenariat, qui d\u00e9finit la notion de \u00ab zone de p\u00eache marocaine \u00bb (arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, point 73).<\/p>\n<p>51\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pour ce qui est du protocole de 2013, il ne comporte aucune disposition sp\u00e9cifique fixant son champ<\/p>\n<p>d\u2019application territorial. Cependant, plusieurs dispositions de ce protocole utilisent l\u2019expression de \u00ab zone de p\u00eache marocaine \u00bb.<\/p>\n<p>52\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Or, cette expression est identique \u00e0 celle figurant \u00e0 l\u2019article 2, sous a), de l\u2019accord de partenariat, qui<\/p>\n<p>\u00e9nonce, d\u2019une part, qu\u2019elle doit \u00eatre entendue comme renvoyant aux \u00ab eaux relevant de la<br \/>\nsouverainet\u00e9 ou de la juridiction du Royaume du Maroc \u00bb, et, d\u2019autre part, qu\u2019une telle d\u00e9finition<br \/>\nvaut non seulement pour cet accord, mais \u00e9galement pour le protocole qui l\u2019accompagne ainsi que<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>pour son annexe. En outre, il ressort de l\u2019article 16 de l\u2019accord de partenariat et de l\u2019article 1<sup>er<\/sup> du protocole de 2013 que ce protocole, son annexe et ses appendices font partie int\u00e9grante dudit accord.<\/p>\n<p>53\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il s\u2019ensuit que l\u2019expression \u00ab zone de p\u00eache marocaine \u00bb, employ\u00e9e tant par l\u2019accord de partenariat<\/p>\n<p>que par le protocole de 2013, dont elle d\u00e9termine le champ d\u2019application territorial (voir point 6 ci-dessus), doit \u00eatre comprise comme renvoyant aux eaux relevant de la souverainet\u00e9 ou de la juridiction du Royaume du Maroc. Par voie de cons\u00e9quence, et conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation figurant au point 50 de la pr\u00e9sente ordonnance, il doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019expression \u00ab zone de p\u00eache marocaine \u00bb, au sens dudit protocole, ne comprend pas les eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental (arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, points 78 et 79).<\/p>\n<p>54\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cette conclusion n\u2019est remise en cause ni par l\u2019annexe du protocole de 2013, qui pr\u00e9voit, en son<\/p>\n<p>chapitre III, intitul\u00e9 \u00ab Zones de p\u00eache \u00bb, que \u00ab [l]e [Royaume du] Maroc communique \u00e0 l\u2019Union [&#8230;], avant la date d\u2019application du protocole [de 2013], les coordonn\u00e9es g\u00e9ographiques des lignes de base et de sa zone de p\u00eache \u00bb ni par l\u2019appendice 4 \u00e0 cette annexe, intitul\u00e9 \u00ab Coordonn\u00e9es des zones de p\u00eache \u00bb, selon lequel, \u00ab [a]vant l\u2019entr\u00e9e en vigueur [du protocole de 2013], le [d]\u00e9partement [de la p\u00eache maritime du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et de la P\u00eache maritime du Royaume du Maroc] communiquera \u00e0 la Commission les coordonn\u00e9es g\u00e9ographiques de la ligne de base marocaine [et] de la zone de p\u00eache marocaine \u00bb.<\/p>\n<p>55\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En effet, d\u2019une part, il ressort du point 34 des r\u00e9ponses \u00e9crites \u00e0 une mesure d\u2019organisation de la<\/p>\n<p>proc\u00e9dure que la Commission a d\u00e9pos\u00e9es au greffe du Tribunal le 9 f\u00e9vrier 2017 que la communication des coordonn\u00e9es g\u00e9ographiques vis\u00e9es par les dispositions cit\u00e9es au point pr\u00e9c\u00e9dent n\u2019est intervenue que le 16 juillet 2014. ?tant donn\u00e9 que le protocole de 2013 est entr\u00e9 en vigueur le 15 juillet 2014, ces coordonn\u00e9es g\u00e9ographiques ne font pas partie du texte de celui-ci, tel que convenu par les parties (arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, point 81).<\/p>\n<p>56\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u2019autre part, et en tout \u00e9tat de cause, eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation figurant au point 53 de la pr\u00e9sente<\/p>\n<p>ordonnance et aux motifs qui la fondent, il importe de relever que, m\u00eame si lesdites coordonn\u00e9es g\u00e9ographiques avaient \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9es ant\u00e9rieurement \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en vigueur du protocole de 2013, elles n\u2019auraient en aucune fa\u00e7on pu remettre en cause l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019expression \u00ab zone de p\u00eache marocaine \u00bb figurant audit point et \u00e9tendre le champ d\u2019application de ce protocole en y incluant les eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental (arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, point 82).<\/p>\n<p>57\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par cons\u00e9quent, l\u2019accord de partenariat et le protocole de 2013 doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s,<\/p>\n<p>conform\u00e9ment aux r\u00e8gles de droit international qui lient l\u2019Union et qui sont applicables dans les relations entre celle-ci et le Royaume du Maroc, en ce sens que, tout comme le territoire du Sahara occidental (voir point 44 ci-dessus), les eaux adjacentes \u00e0 ce territoire ne rel\u00e8vent pas du champ d\u2019application territorial respectif de cet accord et de ce protocole (arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK, C-266\/16, EU:C:2018:118, point 83).<\/p>\n<p>58 De m\u00eame, l\u2019argument du requ\u00e9rant expos\u00e9 aux points 24 \u00e0 30 de ses observations d\u00e9pos\u00e9es \u00e0 la suite du prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK (C-266\/16, EU:C:2018:118), selon lequel ce dernier arr\u00eat concerne l\u2019applicabilit\u00e9 de l\u2019accord de partenariat et du<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>protocole de 2013 aux seules zones maritimes \u00e0 l\u2019exclusion des zones terrestres, de sorte que ceux-ci y seraient applicables, ne peut qu\u2019\u00eatre \u00e9cart\u00e9.<\/p>\n<p>59\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En effet, d\u2019une part, il ressort des points 61 \u00e0 69 de cet arr\u00eat, rappel\u00e9s aux points 44 \u00e0 46 ci-dessus,<\/p>\n<p>que la Cour s\u2019est explicitement prononc\u00e9e sur le champ d\u2019application territorial de l\u2019accord de partenariat et a exclu une telle application tant au territoire du Sahara occidental qu\u2019aux eaux y adjacentes.<\/p>\n<p>60 D\u2019autre part, en ce qui concerne plus sp\u00e9cifiquement le champ d\u2019application territorial du protocole de 2013, premi\u00e8rement, la Cour a interpr\u00e9t\u00e9 ses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la \u00ab zone de p\u00eache marocaine \u00bb comme ayant une signification identique \u00e0 celle de l\u2019article 2, sous a), de l\u2019accord de partenariat. Deuxi\u00e8mement, la Cour a \u00e9galement rappel\u00e9 que, selon l\u2019article 16 de l\u2019accord de partenariat et l\u2019article 1 du protocole de 2013, ce protocole, son annexe et ses appendices font partie int\u00e9grante dudit accord. Ainsi, force est de constater que l\u2019\u00e9ventuel champ d\u2019application terrestre de ce protocole est d\u00e9fini par l\u2019article 11 de l\u2019accord de partenariat, qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 cet \u00e9gard \u00ab au territoire du Maroc et aux eaux sous juridiction marocaine \u00bb.<\/p>\n<p>61\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Or, pour les motifs expos\u00e9s aux points 44 \u00e0 56 ci-dessus, aucune de ces d\u00e9signations ne peut \u00eatre<\/p>\n<p>interpr\u00e9t\u00e9e comme incluant le territoire du Sahara occidental.<\/p>\n<p>62 Il en est de m\u00eame de l\u2019argument du requ\u00e9rant, r\u00e9it\u00e9r\u00e9 aux points 31 \u00e0 43 de ses observations d\u00e9pos\u00e9es \u00e0 la suite du prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK (C-266\/16, EU:C:2018:118), selon lequel le protocole de 2013 est \u00ab de facto \u00bb appliqu\u00e9 sur le territoire terrestre du Sahara occidental. Selon cet argument, t\u00e9moignerait d\u2019une telle application le fait que la contrepartie financi\u00e8re vers\u00e9e par l\u2019Union au Royaume du Maroc est investie par ce dernier aux fins du d\u00e9veloppement des infrastructures marocaines sises au territoire du Sahara occidental. La Commission serait au courant de cette r\u00e9alit\u00e9 et l\u2019encouragerait.<\/p>\n<p>63\u00a0\u00a0\u00a0 En effet, certes, selon l\u2019article 31, paragraphe 3, sous b), de la convention de Vienne sur le droit des<\/p>\n<p>trait\u00e9s, il doit \u00e9galement \u00eatre tenu compte de toute pratique ult\u00e9rieurement suivie dans l\u2019application du trait\u00e9 en cause. Toutefois, selon la m\u00eame disposition, encore faut-il que par cette pratique soit \u00e9tabli l\u2019accord des parties \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019interpr\u00e9tation dudit trait\u00e9.<\/p>\n<p>64 Or, pour les motifs expos\u00e9s au point 44 ci-dessus, une pr\u00e9tendue volont\u00e9 de l\u2019Union traduite par une pratique ult\u00e9rieure et consistant \u00e0 consid\u00e9rer d\u00e9sormais les accords d\u2019association et de lib\u00e9ralisation comme \u00e9tant juridiquement applicables au territoire du Sahara occidental aurait n\u00e9cessairement impliqu\u00e9 d\u2019admettre que l\u2019Union entendait ex\u00e9cuter ces accords d\u2019une mani\u00e8re incompatible avec les principes d\u2019autod\u00e9termination et de l\u2019effet relatif des trait\u00e9s. Une telle ex\u00e9cution serait n\u00e9cessairement inconciliable avec le principe d\u2019ex\u00e9cution des trait\u00e9s de bonne foi, qui constitue pourtant un principe obligatoire du droit international g\u00e9n\u00e9ral applicable aux sujets de ce droit qui sont parties contractantes \u00e0 un trait\u00e9 (voir arr\u00eat du 21 d\u00e9cembre 2016, Conseil\/Front Polisario, C-104\/16 P, EU:C:2016:973, points 123 et 124 et jurisprudence cit\u00e9e).<\/p>\n<p>65\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par cons\u00e9quent, il ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019une pratique ult\u00e9rieure, telle que celle invoqu\u00e9e par le<\/p>\n<p>requ\u00e9rant, justifie d\u2019interpr\u00e9ter le protocole de 2013 en ce sens qu\u2019il s\u2019applique juridiquement au territoire terrestre du Sahara occidental (arr\u00eat du 21 d\u00e9cembre 2016, Conseil\/Front Polisario, C-104\/16 P, EU:C:2016:973, point 125).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>66\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par identit\u00e9 de motifs, doivent \u00eatre rejet\u00e9s les arguments pr\u00e9sent\u00e9s par le requ\u00e9rant aux points 46 \u00e0 70 de ses observations d\u00e9pos\u00e9es \u00e0 la suite du prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK (C-266\/16, EU:C:2018:118). En effet, par ces arguments le requ\u00e9rant tend \u00e0 d\u00e9montrer tant\u00f4t que la demande pr\u00e9judicielle ayant donn\u00e9 lieu au prononc\u00e9 de cet arr\u00eat n\u2019avait pas expos\u00e9 l\u2019ensemble des circonstances d\u00e9montrant l\u2019ampleur de l\u2019application de fait de l\u2019accord de partenariat et du protocole de 2013 au territoire terrestre du Sahara occidental et aux eaux y adjacentes, tant\u00f4t que des actes d\u2019application de fait de ces textes ont eu lieu apr\u00e8s l\u2019envoi de la demande de d\u00e9cision pr\u00e9judicielle.<\/p>\n<p>67\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Or, d\u2019une part, les consid\u00e9rations figurant aux points 63 \u00e0 65 ci-dessus excluent qu\u2019une application<\/p>\n<p>de l\u2019accord de partenariat et du protocole de 2013 aux p\u00eaches effectu\u00e9es dans les eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental puisse amener \u00e0 consid\u00e9rer que ces accord et protocole s\u2019appliquent juridiquement \u00e0 ce territoire et aux eaux y adjacentes (voir, en ce sens, arr\u00eat du 21 d\u00e9cembre 2016, Conseil\/Front Polisario, C-104\/16 P, EU:C:2016:973, point 131). En outre, il ressort du point 31 de l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2018, Western Sahara Campaign UK (C-266\/16, EU:C:2018:118), que l\u2019un des litiges ayant donn\u00e9 lieu \u00e0 la demande de d\u00e9cision pr\u00e9judicielle dans cette affaire mettait en cause la politique de la p\u00eache \u00e9labor\u00e9e par le ministre de l\u2019Environnement, de l\u2019Alimentation et des Affaires rurales du Royaume-Uni, au motif que celle-ci pr\u00e9voit d\u2019inclure les eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental dans le champ d\u2019application des mesures de droit interne destin\u00e9es \u00e0 mettre en \u0153uvre l\u2019accord de partenariat, le protocole de 2013 ainsi que les actes de droit d\u00e9riv\u00e9 par lesquels l\u2019Union a attribu\u00e9 des possibilit\u00e9s de p\u00eache aux ?tats membres en vertu de cet accord et de ce protocole.<\/p>\n<p>68\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u2019autre part, contrairement \u00e0 ce que fait valoir le requ\u00e9rant, les consid\u00e9rations juridiques \u00e9nonc\u00e9es<\/p>\n<p>aux points 44 \u00e0 57 ci-dessus concernent non seulement l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019accord de partenariat et du protocole de 2013, mais aussi, par voie de cons\u00e9quence, la qualit\u00e9 pour agir du requ\u00e9rant dans le cadre d\u2019un recours direct ayant pour objet une demande d\u2019annulation des actes pris par les institutions aux fins de l\u2019approbation de ces accord et protocole au nom de l\u2019Union (voir, en ce sens, arr\u00eat du 21 d\u00e9cembre 2016, Conseil\/Front Polisario, C-104\/16 P, EU:C:2016:973, points 132 et 133).<\/p>\n<p>69\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il ressort des consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent que l\u2019accord de partenariat et le protocole de 2013 doivent<\/p>\n<p>\u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s, conform\u00e9ment aux r\u00e8gles de droit international qui lient l\u2019Union et qui sont applicables dans les relations entre celle-ci et le Royaume du Maroc, en ce sens que, tout comme le territoire du Sahara occidental, les eaux adjacentes \u00e0 ce territoire ne rel\u00e8vent pas du champ d\u2019application territorial respectif de cet accord et de ce protocole.<\/p>\n<p>70\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u00e8s lors, il doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 que le requ\u00e9rant ne peut ,en tout \u00e9tat de cause, pas \u00eatre regard\u00e9,<\/p>\n<p>compte tenu des arguments qu\u2019il invoque, comme ayant qualit\u00e9 pour agir, au sens de l\u2019article 263, quatri\u00e8me alin\u00e9a, TFUE, en annulation de la d\u00e9cision 2013\/785 (voir point 43 ci-dessus), si bien que le recours doit \u00eatre rejet\u00e9 comme irrecevable en tant qu\u2019il est intent\u00e9 contre celle-ci.<\/p>\n<p>71\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La d\u00e9cision 2018\/393 s\u2019ins\u00e9rant pleinement, par son objet, dans le contexte de la d\u00e9cision 2013\/785<\/p>\n<p>(voir points 15 et 16 ci-dessus), cette conclusion s\u2019impose \u00e9galement au regard de cette d\u00e9cision ult\u00e9rieure. A cet \u00e9gard, pour les motifs expos\u00e9s au point 64 ci-dessus, l\u2019argument du requ\u00e9rant selon lequel la d\u00e9cision 2018\/393 concerne des activit\u00e9s entreprises majoritairement dans les eaux au large du Sahara occidental ne lui conf\u00e8re pas la qualit\u00e9 pour agir contre cette d\u00e9cision.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>72\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le recours doit donc \u00eatre rejet\u00e9 comme irrecevable dans son int\u00e9gralit\u00e9, sans qu\u2019il soit besoin de se<\/p>\n<p>prononcer sp\u00e9cifiquement sur la recevabilit\u00e9 de l\u2019adaptation de la requ\u00eate (voir points 31 \u00e0 33 ci-dessus).<\/p>\n<p><strong>Sur les d\u00e9pens<\/strong><\/p>\n<p>73\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Aux termes de l\u2019article 134, paragraphe 1, du r\u00e8glement de proc\u00e9dure, toute partie qui succombe est<\/p>\n<p>condamn\u00e9e aux d\u00e9pens, s\u2019il est conclu en ce sens. Le requ\u00e9rant ayant succomb\u00e9, il y a lieu de le condamner aux d\u00e9pens, conform\u00e9ment aux conclusions du Conseil. La Commission supportera ses propres d\u00e9pens conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 138, paragraphe 1, du r\u00e8glement de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Par ces motifs,<\/p>\n<p>LE TRIBUNAL (cinqui\u00e8me chambre \u00e9largie)<\/p>\n<p>ordonne :<\/p>\n<ol>\n<li>Le recours est rejet\u00e9.<\/li>\n<li>Le Front populaire pour la lib\u00e9ration de la Saguia-el-Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario) supportera, outre ses propres d\u00e9pens, ceux expos\u00e9s par le Conseil de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/li>\n<li>La Commission europ\u00e9enne supportera ses propres d\u00e9pens. Fait \u00e0 Luxembourg, le 19 juillet 2018.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le greffier\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le pr\u00e9sident<\/p>\n<ol>\n<li>Coulon D. Gratsias<\/li>\n<\/ol>\n<p>*\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Langue de proc\u00e9dure : le fran\u00e7ais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ORDONNANCE DU TRIBUNAL (cinqui\u00e8me chambre \u00e9largie) 19 juillet 2018 (*) \u00ab Recours en annulation \u00b1 Accord de partenariat entre l\u2019Union<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-3243","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-accueil"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3243","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3243"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3243\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3244,"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3243\/revisions\/3244"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3243"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3243"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/anatem.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3243"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}