Le Gouvernement espagnol opte pour l’escalade envers le Maroc (Farid Mnebhi)

Le 28 mai 2021, dans un entretien à la télévision régionale andalouse « Canal Sur », la première vice-Présidente du Gouvernement socialiste espagnol, Carmen Calvo, a violemment accusé le Maroc d’avoir dépassé « la limite de bon voisinage » pour avoir permis un assaut de la ville marocaine occupée de Sebta.

L’Exécutif espagnol continue donc de regarder le bout de son doigt au lieu de viser la lune, en affirmant faussement que c’est la récente déferlante de migrants qui est à l’origine de la crise entre l’Espagne et le Maroc.

Ainsi donc, Madrid vient d’opter pour une escalade avec le Maroc pouvant conduire à la rupture totale des relations entre les deux pays et ce, au moment même où l’affaire Brahim Ghali resurgit ces derniers jours.

Née sur fond des transfert, accueil et hospitalisation du pseudo chef du polisario, atteint de la COVID-19,et d’un cancer en phase terminal sur le sol espagnol, alors qu’il y fait l’objet de plusieurs plaintes pour torture, crimes de guerre et viols, la crise entre le Maroc et son voisin du Nord n’est à l’évidence pas près de s’éteindre. Au contraire, tout porte à croire qu’elle va durer.

Le fait, qui plus est émanant d’une démocratie européenne, d’héberger un criminel de guerre, accusé du meurtre de 300 citoyens espagnols, résidant aux Canaries, de torture envers des dissidents sahraouis marocains, aujourd’hui naturalisés espagnols, et du viol d’une ressortissante de ce même pays qu’est l’Espagne, dont le seul tort est d’être d’origine sahraouie marocaine, se passe sous un assourdissant silence.

Faisant fi des moindres bases de respect des Droits de l’Homme et des victimes, la première vice-Présidente du Gouvernement socialiste espagnol affirme que son pays prend des décisions qui sont propres à sa politique. Elle oublie même qu’à l’origine, c’est l’absence de transparence et de loyauté de Madrid envers son partenaire stratégique, le Maroc, qui a enclenché la crise.

Pire, Carmen Calvo a même déclaré « Nous sommes un pays souverain de nos politiques et nous prenons des décisions en fonction de notre politique » et l’Espagne a des relations avec tout le Maghreb, une allusion faite à la complicité entre son pays et la junte militaire algérienne.

Autant dire que l’Espagne ne fait en définitive que peu de cas du point de vue de son voisin et qu’à l’apaisement, Madrid préfère l’embrasement puisque les propos de Carmen Calvo vont encore plus loin que ceux de la Ministre des Affaires Etrangères, Arancha Gonzalez Laya, qui ont provoqué, le 27 mai 2021, une réaction vive de l’Ambassadrice du Maroc à Madrid.

Le dialogue est rompu entre le Maroc et l’Espagne et tous les contacts entre le Maroc et l’Espagne sont en mode silence, laissant présager que cette situation ne changera pas de sitôt !

Farid Mnebhi.

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