Espagne : Un réseau de falsification de documents sahraouis dans le viseur de la police nationale à Ibiza
Un vaste réseau de falsification de documents d’identité et de filiation paternelle, opérant potentiellement depuis les camps de Tindouf sous la supervision de éléments du Front polisario, est actuellement au cœur d’une enquête minutieuse des autorités espagnoles. L’affaire a pris une tournure officielle avec l’émission, le 1er octobre 2026, d’une circulaire urgente de la police nationale espagnole ciblant le secteur touristique des îles Baléares.
Ce développement survient alors que l’Espagne examine de près les cadres juridiques liés à l’octroi de la nationalité espagnole aux Sahraouis, une situation que des réseaux criminels tenteraient manifestement d’exploiter à des fins de fraude sociale et migratoire.
La police d’Ibiza en état d’alerte
L’alerte a été formellement donnée plus précisément par l’UCRIF (Unité de lutte contre les réseaux d’immigration clandestine et la falsification de documents) de la Brigade locale des étrangers et des frontières. Cette unité spécialisée a adressé une note officielle à la Fédération hôtelière d’Ibiza et de Formentera (FEHIF) afin de solliciter la coopération immédiate de tous les établissements hôteliers des deux îles.
Selon les termes de la circulaire, les enquêteurs ont détecté des manœuvres suspectes menées par des individus originaires pour la plupart de la pseudo république arabe sahraouie basée dans les camps de Tindouf, en Algérie. Ces derniers présentent auprès de divers organismes publics et entreprises privées des justificatifs de filiation paternelle hautement douteux.
L’objectif de cette fraude serait double : Prouver frauduleusement le statut de parent d’un mineur pour percevoir les allocations liées à la naissance et aux soins des enfants en Espagne, d’une part, et consolider des dossiers administratifs dans le sillage des débats sur l’accès à la nationalité espagnole pour les natifs au Sahara marocain avant le 6 novembre 1975, d’autre part.
Des doutes majeurs sur l’authenticité des pièces
Les premières vérifications de l’UCRIF ont mis en évidence des indices flagrants de manipulation. Face à ce qui s’apparente à une entreprise de falsification à grande échelle, la police espagnole estime que la validité de ces documents est compromise et nécessite « des contrôles documentaires approfondis ».
Pour démanteler les ramifications locales de ce réseau, la circulaire enjoint aux hôteliers de transmettre par courrier électronique une copie numérisée de tous les documents de filiation paternelle soumis par les employés ou usagers concernés. La police demande également de préciser si les originaux sont conservés par les établissements, anticipant des saisies et des analyses médico-légales lors des prochaines phases de l’enquête.
La piste polisarienne
Au-delà de la simple fraude aux prestations sociales à Ibiza, les investigations pointent vers une dimension géopolitique et transfrontalière bien plus complexe. Des sources proches du dossier évoquent l’existence d’une filière structurée installée dans les camps de Tindouf, en Algérie. Ce réseau de faussaires bénéficierait de complicités, voire d’une direction active sous la houlette de responsables du Polisario, profitant de leur autorité administrative sur les camps pour émettre des actes de naissance et des certificats de parenté falsifiés.
Cette affaire serait en train de fragiliser les initiatives visant à faciliter l’octroi de la nationalité espagnole aux populations sahraouies, en démontrant la vulnérabilité des documents émis dans les camps face aux réseaux de traite et de fraude documentaire en Europe. L’enquête de l’UCRIF, désormais étendue aux archives hôtelières des Baléares, pourrait rapidement mener à des arrestations d’envergure.
Ali Mounir El Atlassi.