L’épineux problème des confins algéro-marocains (Par Farid Mnebhi)

L’Histoire des Nations est toujours présente et les documents l’attestent. Le monde se rappellera toujours du chaleureux accueil réservé à Feu Sa Majesté Mohammed V à M’hamid El Ghizlaine le 25 février 1958, alors que l’Algérie était encore une colonie française.

Une visite du Père de la Nation marocaine aux portes du Sahara oriental et occidental au cours de laquelle Feu Sa Majesté Mohammed V avait souligné la pérennité des liens d’allégeance qui les unissent au Trône Alaouite.

Ainsi, dans Son discours prononcé devant des masses d’habitants sorties à Sa rencontre, Feu Sa Majesté Mohammed V a rappelé les liens séculaires qui unissaient le Sahara à la Mère Patrie et déclaré « Nous proclamons solennellement que nous poursuivrons notre action pour le retour de notre Sahara dans le cadre du respect de nos droits historiques et selon la volonté de ses habitants ».

Et le regretté Souverain d’ajouter : « Ainsi, nous accomplirons la mission que nous nous sommes engagés à remplir et qui consiste à restaurer notre passé et à édifier un avenir prospère qui permettra à tous nos sujets de connaître le bonheur et la tranquillité ».

Dans la ferveur de cette mobilisation des populations des confins sahariens du Maroc, le Discours de Feu Sa Majesté Mohammed V ne pouvait ne pas rappeler la perpétuelle allégeance que leurs ascendants avaient présentée à Moulay Hassan 1er. Les retrouvailles sont ainsi inscrites dans le cadre de la continuité.

Ce discours, prononcé en présence de l’ensemble des représentants des tribus du Sahara marocain, a été décisif quant à la détermination du Maroc à aller de l’avant dans le recouvrement de ses terres spoliées tant au Sahara oriental qu’au Sahara occidental..

Il est de notoriété publique qu’une partie du Sahara oriental marocain fut rattachée à l’Algérie de manière illégale par la puissance coloniale française et les documents prouvant l’amputation du Maroc d’une partie de son territoire le prouvent.

Il suffit de lire un document du Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage (SDECE), actuelle Direction Générale de la Sécurité Extérieure, daté du 16 mai 1962 dans lequel il est question du sort d’une partie du Sahara oriental marocain tronqué au profit de l’Algérie.

Dans ce document d’archive historique, il est certifié que les populations de Tindouf ne voulaient pas participer au référendum d’autodétermination alors prévu en Algérie au motif qu’il était impensable qu’ils renoncent à leur nationalité marocaine et qu’ils leur étaient impossibles de voter audit référendum d’autodétermination du peuple algérien.

Telle est la réalité des faits. Un document que les autorités algériennes n’aimeraient surtout pas voir circuler parmi le peuple algérien et dans les locaux de la presse internationale.

Mais voilà, ce document revient au devant de la scène et produit un effet viral sur les réseaux sociaux, dénotant ainsi une remarquable prise de conscience au sujet d’une partie non négligeable du Sahara oriental marocain annexée illégalement à l’Algérie.

Par ailleurs, il est à rappeler que la convention de 1972, relative au Sahara oriental marocain, occupé illégalement par l’Algérie, n’a pas encore été définitivement ratifiée par le Parlement marocain.

Cette levée de boucliers populaire intervient alors qu’Alger a franchi un nouveau palier dans l’escalade contre la souveraineté marocaine sur son Sahara, en poussant dangereusement ses pions polisariens vers Guerguerat, pour bloquer le seul couloir terrestre reliant l’extrême Sud marocain et le Nord de la Mauritanie.

Il faut noter que cette escalade algérienne intervient alors que le Maroc réalise des percées sur le dossier du Sahara marocain, traduit par ce remarquable ballet diplomatique que connaît depuis fin 2019 Dakhla et Laâyoune, où pas moins de 15 pays africains ont ouvert des Consulats Généraux, sans compter les ?mirats Arabes Unis, troisième pays arabe à franchir le pas en décidant d’inaugurer son Consulat Général à Laâyoune.

Plus le Maroc avance dans la consolidation de sa souveraineté sur son Sahara, plus Alger redouble d’agressivité et tente de bloquer toute possibilité de règlement du conflit.

Il est donc évident qu’Alger ne veut pas d’issue au différend factice autour du Sahara marocain. Et pour cause, toute issue de ce contentieux serait de nature à remettre sur la table les vieilles-nouvelles revendications du Maroc sur les territoires de son Sahara oriental tronqués au profit de l’Algérie par son ancien colonisateur, la France. On pense en autre autres à Tindouf, Colomb-Béchar, Laknadssa et autres localités du Sahara oriental, lesquelles sont bel et bien marocaines.

Plus le Maroc avance dans la consolidation de sa souveraineté sur son Sahara, plus les responsables algériens redoublent d’agressivité et tentent de bloquer toute possibilité de règlement du conflit.

Partout dans le monde, on a constaté comment les velléités de séparatisme n’ont mené à rien, sinon à des calamités, les exemples ne manquent pas, et que les relents et autres discours obsolètes de la Guerre Froide ne pouvaient plus guider les destinées des Peuples et des Nations, au début du troisième millénaire.

Feu Sa Majesté Hassan II disait que le Sahara n’était pas une affaire du Palais, mais de celle de toute une Nation. Aujourd’hui, après 45 ans d’âpres et multiples sacrifices, les Marocains restent fidèles au Serment de la Marche Verte. Le Roi Mohammed VI en premier lieu, en tant que garant de la souveraineté nationale.

Farid Mnebhi.

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