Le mirage de l’éthique chez les appuis espagnols du polisario
Maria Inés Miranda Navarro, conseillère chargée de la politique territoriale et du paysage au sein du Conseil insulaire de Gran Canaria (Cabildo) est dans le collimateur de la justice. Connue pour son activisme ardent en faveur des thèses séparatistes du Front polisario — ayant notamment assuré la défense de la militante Aminatou Haidar —, l’élue se retrouve aujourd’hui au cœur d’une tempête judiciaire majeure pour prévarication, détournement de fonds publics et fraude à l’administration, brisant net la posture de probité morale souvent affichée par les soutiens européens du mouvement séparatiste.
Ce scandale fait directement écho aux révélations de septembre 2026 concernant l’affaire Infravest for Contracting and Investment (qui vit partir en fumée les économies de sahraouis dans les camps de Tindouf) et, en octobre 2026, au réseau de falsification de documents d’identité opérant depuis les camps de Tindouf sous la supervision d’éléments du polisario.
Aux Canaries, le mécanisme découvert s’avère tout aussi cynique : Inés Miranda Navarro aurait orchestré une fragmentation artificielle de marchés publics — via des contrats mineurs successifs — pour contourner les obligations de publicité et de libre concurrence; Ce qui lui fait risquer une incarcération de plusieurs années doublée d’une interdiction d’exercer une fonction publique.
L’enquête financière en cours aurait mis en lumière les rouages d’un système occulte de sous-traitance manifestement conçu pour opacifier l’identité des véritables bénéficiaires de ces mouvements de fonds.
Au cœur de cette architecture financière se trouve la société Imaco 89, administrée par Mar?a ?ngeles Horna Andrade, qui n’est autre que l’épouse de l’ancien auditeur et contrôleur général du Cabildo, Juan José S?nchez Arencibia. Les investigations révèlent que cette entité a centralisé la majeure partie des flux financiers détournés.
Les enquêteurs auraient notamment retracé le parcours des subventions allouées pour les éditions 2016-2018 des Journées du Paysage. Sur les 67 217,40 € initialement versés par l’administration à l’Instituto Canario de Telecomunicaciones (ICT) – dirigé par Michel Jorge Millares –, une somme de 44 503,75 € a été discrètement reversée à Imaco 89. Ce procédé a été reconduit à l’identique lors de l’édition 2019, permettant le transfert de 14 924,24 € vers la même société écran, sur une dotation initiale de 14 950 € attribuée à l’entreprise Yedra Comunicaci?n de M?nica del Pino Torres Rodr?guez.
Enfin, l’instruction aurait mis en évidence l’existence d’un vaste réseau de complaisance. Des versements complémentaires s’élevant à 15 995,79 € ont été injectés au profit d’Imaco 89 par plusieurs autres sous-traitants complices, parmi lesquels figurent les entités Acontrafibra, Daute Dise?o, Gr?ficas Atlanta et Red de Comunicaci?n Gr?fica.
L’onde de choc de ce scandale s’étend bien au-delà de la seule figure d’Inés Miranda. Elle pourrait jetter un discrédit profond sur ses anciens collaborateurs directs, Rafael Luis Pedrero Manchado (ancien directeur de la politique territoriale) et V?ctor Manuel Quevedo Dom?nguez (ancien directeur du développement stratégique).
En mêlant ainsi concertations frauduleuses préalables, signatures de contrats en doublon et violations flagrantes des règles de prévention des conflits d’intérêts, cette affaire expose une réalité dérangeante : L’activisme idéologique et les postures de défenseurs des droits humains portées par ces réseaux pro-polisario apparaissent désormais comme l’habillage d’une entreprise de prédation des deniers publics, affaiblissant durablement leur crédibilité sur la scène internationale.
Il est à souligner que l’affaire Inés Miranda Navarro ne constitue pas une anomalie isolée, mais s’inscrirait dans l’ADN structurel des méthodes de financement et de gestion des réseaux pro-Polisario. Une mise en perspective avec les pratiques documentées dans les camps de Tindouf révèle une similarité frappante dans les modes opératoires fondés sur l’opacité et le détournement de fonds.
Cette convergence démontre que le détournement n’est pas une dérive accidentelle, mais une méthode systémique
Qu’il s’agisse des conclusions historiques de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) — ayant mis en lumière le siphonnage à grande échelle de l’aide alimentaire européenne — ou de la captation des budgets des collectivités locales européennes par des élus acquis à leur cause, la matrice reste la même : instrumentaliser une posture idéologique pour opérer une prédation financière criminelle. En mêlant concertations frauduleuses préalables et captation frauduleuse d’argent public, cette affaire espagnole lève définitivement le voile sur le manque de probité des soutiens européens du séparatisme, les discréditant durablement sur la scène internationale.
Ali Mounir El Atlassi.