Attaques de drones contre des installations pétrolières au Royaume d’Arabie Saoudite : La diplomatie marocaine face au spectre d’un embrasement régional
Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger,publié ce mercredi 29 juillet 2026, le Royaume du Maroc condamne « dans les termes les plus fermes, les attaques de drones ayant ciblé des installations pétrolières au Royaume d’Arabie Saoudite«
En condamnant cet acte avec une virulence rare, le Maroc ne se contente pas d’aligner sa position sur celle de son allié historique ; il tire la sonnette d’alarme face à un engrenage militaire qui menace de précipiter le Moyen-Orient dans un chaos global.
Pour Rabat, cette offensive ciblée franchit un point de non-retour. Elle expose une vulnérabilité énergétique mondiale et, surtout, elle matérialise le risque tant redouté d’un embrasement généralisé. Dans une région déjà fragmentée par des guerres par procuration et des tensions confessionnelles, l’implication d’acteurs étatiques ou non étatiques dotés de technologies asymétriques — comme ces drones tueurs — pourrait agir comme l’étincelle de trop. Une escalade incontrôlable dans le Golfe n’aurait plus seulement des conséquences locales, mais un impact systémique mondial.
C’est précisément là que la voix du Maroc prend tout son relief géopolitique. Connu pour sa diplomatie de l’équilibre et son rôle traditionnel de médiateur discret mais influent — du conflit israélo-palestinien aux crises libyennes —, le Royaume chérifien choisit ici la clarté plutôt que la neutralité. Cette posture n’est pas contradictoire : pour pouvoir arbitrer, il faut un cadre régional stable. En dénonçant une « violation flagrante » de la souveraineté saoudienne, le Maroc trace une ligne rouge contre l’anarchie internationale.
En réitérant son soutien indéfectible aux mesures de légitime défense de Riyad, Rabat rappelle qu’il n’y a pas de paix possible sans sanctuarisation des ?tats. Face à la menace d’une guerre totale, la diplomatie marocaine tente de faire prévaloir le droit à la sécurité, tout en sachant que le Moyen-Orient danse aujourd’hui sur un baril de poudre.
Ali Mounir El Atlassi.