L’axe Madrid-Rabat à l’épreuve des calculs électoraux
L’instrumentalisation de la question migratoire à des fins de politique intérieure suscite une réprobation croissante chez les analystes de la scène internationale. Au cœur des critiques figure la posture d’une partie de la classe politique espagnole, accusée de capitaliser sur les tensions frontalières avec le Maroc. Parmi les voix qui s’élèvent pour dénoncer cette dérive, le géopolitologue français Gérard Vespierre livre un éclairage sans concession sur les ressorts de cette crise artificielle.
Réagissant aux récentes clarifications du ministère marocain des Affaires étrangères, le fondateur du média Le Monde Décrypté souligne la pertinence d’une mise au point devenue indispensable. Pour l’expert, les faits parlent d’eux-mêmes : les tentatives d’incrimination de Rabat ne résistent pas à l’analyse, d’autant que les autorités espagnoles, au sommet de l’?tat, ont elles-mêmes mis hors de cause le partenaire marocain.
Une coopération sécuritaire érigée en modèle européen
Loin des postures polémistes, la réalité du terrain témoigne d’une convergence stratégique majeure. M. Vespierre rappelle que la gestion des flux migratoires, notamment lors des événements de juillet dernier, a mis en lumière une coordination opérationnelle d’une efficacité remarquable entre Rabat et Madrid. Un succès bilatéral qui n’a pas échappé à Bruxelles : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a publiquement salué cette synergie, la qualifiant de véritable « modèle de collaboration » pour la sécurité des frontières euro-africaines.
L’interdépendance économique comme rempart aux turbulences
Au-delà du prisme sécuritaire, l’analyse géopolitique rappelle que l’ancrage des relations maroco-espagnoles repose sur des fondations économiques indéboulonnables. Le Maroc s’impose aujourd’hui comme le premier partenaire commercial de l’Espagne sur le continent africain, tandis que la péninsule Ibérique demeure le principal débouché des exportations du Royaume.
Face à cette interdépendance structurelle, Gérard Vespierre conclut par une mise en garde : un partenariat aussi stratégique pour la stabilité de la Méditerranée ne saurait être sacrifié sur l’autel de l’opportunisme électoral ou des contingences partisanes espagnoles.
Compilé par Ali Mounir El Atlassi.
