FLA – Algérie : L’Arroseur arrosé ?

Admin By Admin 01/06/2026 3 min read

La diffusion d’images montrant des combattants du Front de Libération de l’Azawad (FLA) paradant publiquement à Bordj Badji Mokhtar (ville algérienne frontalière du Mali) apporte la preuve, si besoin en est, d’une présence tolérée de ce mouvement ou de son repli stratégique sur le territoire algérien.

Rappelons que le FLA, organisation considérée par le voisin malien comme terroriste, est une organisation politique et militaire, fondé en 2024, qui revendique l’indépendance ou l’autonomie de la région de l’Azawad, dans le nord du Mali. La présence de ses combattants dans la région frontalière de Bordj Badji Mokhtar s’inscrit donc dans un contexte d’escalade militaire majeure au Nord-Mali.

Certes, la présence des combattants du FLA en territoire algérien est « historique » : Bordj Badji Mokhtar et Tinzaouatène sont des plaques tournantes majeures de la frontière algéro-malienne. Mais depuis la fin des accords d’Alger de 2015 actée par Bamako au début de l’année 2024, les rebelles du FLA ont accentué leurs démonstrations de force, et leur présence devient de plus en plus visible . Or le régime algérien ne peut ne pas remarquer et (ou) encourager cette présence; lui qui déniche et emprisonne de simples citoyens pour un simple « Like » sur facebook !

Les risques pour l’Algérie de tolérer le FLA sur son territoire

Accueillir ou fermer les yeux sur les activités du FLA à sa frontière méridionale (notamment à Bordj Badji Mokhtar ou Tinzaouatène) comporterait pour l’Algérie au moins trois menaces directes :

L’escalade militaire avec le Mali : Bamako accuse régulièrement Alger de jouer un « double jeu » en abritant des séparatistes. Les incidents transfrontaliers se multiplient (comme l’interception de drones maliens par l’armée algérienne ou la dernière attaque des séparatistes qui a couté la vie au ministre de la défense malien) ;

L’effet boomerang identitaire : La population touarègue s’étend de part et d’autre de la frontière algéro-malienne. En tolérant les revendications indépendantistes de l’Azawad au Nord-Mali, Alger prend le risque de réveiller ou de nourrir des velléités autonomistes chez ses propres minorités berbères et azawad dans ses wilayas du Sud ;

Le sanctuaire et le terrorisme : Si la frontière devient une zone grise où le FLA parade librement, le risque est grand de voir des groupes djihadistes opportunistes (comme le JNIM / GSIM) s’infiltrer dans ces failles. L’Algérie risquerait par-dessus tout d’importer l’instabilité du Sahel sur son propre sol. .

Par ailleurs, soutenir le polisario, par Alger, au nom du « droit des peuples à l’autodétermination » tout en affirmant officiellement défendre « l’intégrité territoriale du Mali » face au FLA crée une contradiction diplomatique majeure . En effet, alors que l’Algérie subit de lourds revers diplomatiques à l’Ouest (le plan d’autonomie marocain pour le Sahara gagnant un large consensus international), elle se retrouve contrainte de tolérer le FLA au Sud pour ne pas perdre définitivement pied dans l’arrière-cour sahélienne.

Par Ali Mounir El Atlasi.

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