Retombées potentiels de la suspension par la Bolivie de sa reconnaissance de la pseudo « rasd »
Dans un communiqué publié à l’issue d’un entretien téléphonique tenu, le 23 février 2026, entre M. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger et son homologue bolivien, M. Fernando Aramayo, l’?tat plurinational de Bolivie suspend sa reconnaissance de la pseudo “rasd” et rompe tout contact officiel avec cette entité.
Cette décision marque un tournant diplomatique majeur en Amérique latine, confirmant la dynamique internationale croissante en faveur de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. En effet, en s’alignant sur la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité, la Bolivie privilégie désormais la légalité internationale et le processus politique de l’ONU, et ce, en soutenant explicitement une solution politique « réaliste et pragmatique » au problème du Sahara.
Il est à souligner que la décision de la Bolivie, qui a permis le rétablissement immédiat des relations bilatérales avec le Maroc et l’ouverture prochaine d’ambassades résidentes à La Paz et à Rabat, s’inscrit dans une dynamique de reconfiguration des alliances stratégiques, affaiblissant ainsi les soutiens traditionnels de la « rasd » au profit d’un alignement sur le processus politique de l’ONU.
Par ailleurs, le revirement de la Bolivie est perçu comme étant un basculement symbolique fort, car le pays était historiquement l’un des soutiens les plus idéologiques de l’entité séparatiste dans la région. La décision bolivienne confirme donc une « recomposition progressive » des positions en Amérique latine, où le pragmatisme économique et la coopération Sud-Sud (agriculture, engrais, sécurité) prennent le pas sur les affinités idéologiques passées.
En outre, le rétablissement des relations diplomatiques et l’ouverture d’ambassades à La Paz et Rabat positionnent le Maroc comme un partenaire incontournable pour l’accès aux marchés africains et la sécurité alimentaire, grâce à ses phosphates; ce qui pourrait provoquer un effet domino chez d’autres pays de la région qui hésitent encore, et ce, en normalisant la suspension de reconnaissance comme une démarche de « neutralité constructive » conforme aux résolutions onusiennes.
Impact de la décision bolivienne sur l’Union africaine (UA)
Bien que la Bolivie soit un acteur extérieur, sa décision résonne fortement au sein de l’UA, où la question de la « rasd » reste un point de clivage majeur : Ce retrait de reconnaissance est présenté par plusieurs observateurs comme un échec pour la diplomatie algérienne, principal soutien de la « rasd », d’une part, et d’autre part, il renforce l’argumentaire du Maroc au sein de l’UA : si des alliés historiques lointains comme la Bolivie suspendent leurs relations en citant l’absence de reconnaissance par l’ONU, la légitimité de la présence de la « rasd » à l’UA est de plus en plus remise en question par les ?tats membres.
A. Mounir El Atlassi
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